Lanmou

Moi

Est-ce à cause de l’émergence de la psychanalyse si les gens sont si préoccupés par leur être ? Non pas que ce soit une nouveauté ni un défaut : la première personne qu’on connaît et dont on veut le bien c’est soi-même et c’est tout à fait légitime. Ce qui est plus inquiétant c’est l’instrumentalisation qu’on fait de notre souffrance. Les gens se plaignent beaucoup, moi y compris. Il suffit de passer quelques minutes sur les réseaux sociaux pour constater ça : nous avons tendance à mendier de l’attention par exagération de la souffrance. C’est ce que j’appelle la mendicité d’attention. L’ère des statuts nous a poussé à davantage nous concentrer sur nous, "MOI", "JE" , au détriment des autres. La vulgarisation de la psychanalyse et du concept de moi y est peut-être aussi pour quelque chose… Je ne parle pas en tant que spécialiste, évidemment, mais j’essaie juste de comprendre certains phénomènes qui se passe en moi-même.

Je me suis rendue compte dans mon couple je voulais constamment que l’autre comprenne ma souffrance, qu’il prenne parti pour elle. Or en étant aussi catégorique, je ne me rendais pas compte de l’impact négatif que j’avais sur mon copain. Il est bon parfois de se confier mais il n’est pas acceptable de blâmer les autres car ils ne comprennent pas à quel point on souffre.
De plus, sans vouloir vraiment hiérarchiser la souffrance, je crois que beaucoup ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont. C’est peut-être cliché de dire ça mais quand vous avez un toit, à manger et une famille de quoi pouvez-vous vous plaindre ? Pourquoi dans notre société les gens ont-ils l’air si malheureux ? Parfois à force d’ennui on se met à souffrir inutilement. En ce moment je suis en vacance et je m’ennuie énormément. Pourtant je pourrais faire plein de choses mais je n’en ai pas l’envie. Je me mets alors dans des réflexions existentialistes à me demander ce que je vais faire de ma vie, pour quelles raisons je vis sur Terre, la vie ne mérite pas d’être vécue et blablabla… Pourquoi ? Crise d’une ado qui a peur d’entrer dans le monde du travail et fainéantise je suppose. :)

Il y a des gens qui vivent des choses difficiles : harcèlement, viol, abus, pauvreté… Quand d’autres comme moi vivent toujours chez leurs parents et sont loin de ces préoccupations. Soyons heureux de vivre ! Parce que ceux qui ont vécu des choses aussi difficiles savent mieux que nous qu’il faut sourire à la vie et avancer !

Il y a également l’émergence des suicidaires, des personnes qui postent des statuts pour dire qu’ils souhaitent en finir avec la vie...
Sans méchanceté et pour l’avoir fait ( à moitié), je trouve ce genre d’attitude pathétique. Car en ayant ce comportement on croit qu’en captant l’attention des autres on obtiendra leur amour mais en réalité on ne fait que générer de l’inquiétude, de la pitié et de la tristesse.

Beaucoup de gens souffrent. Nous faisons même souffrir ceux que nous aimons sans nous en rendre compte. Essayons en premier temps de ne pas leur faire de mal. Sortons quelques minutes de ce MOI, MOI, MOI et apportons-leur une écoute, de l’attention et de l’affection. Car c’est en apaisant leur souffrance et en les rendant heureux que nous nous ferons nous-même du bien. Il suffit d’un petit geste, d’un mot, pour sortir de la négativité et partager des pensées positives… En faisant cela nous participons à la transmission d’un peu de joie dans ce monde. Un monde qui en manque cruellement.